À quand une nouvelle vision de l’apprentissage de l’écrit?
Longueuil, le jeudi 7 février 2008 – La Boîte à lettres de Longueuil (BÀL) est découragée par les mesures proposées dans le rapport déposé par le Comité d’experts sur l’apprentissage de l’écriture et par les réactions positives du milieu de l’éducation. Ce rapport a été présenté par la ministre de l’éducation, du loisir et du sport le mercredi 6 février 2008.
La Boîte à lettres de Longueuil (BÀL) est un groupe d’action, de recherche et de réflexion en prévention de l’analphabétisme et en alphabétisation pour les jeunes de 16 à 25 ans. Elle compte à son actif des réalisations d’envergure dans le domaine de l’alphabétisation. Il n’est qu’à noter ses 25 ans d’expérience auprès des jeunes qui ont passé plus de 10 ans sur les bancs d’école et qui en sortent analphabètes. Il faut souligner, plus particulièrement, la recherche-action-formation qu’elle a menée et qui s’est poursuivie pendant plus de cinq ans en collaboration avec l’Université du Québec à Montréal, sur l’appropriation de l’écrit.
Pour la BÀL, les mesures proposées par le Comité d’experts sont très limitées, particulièrement pour les jeunes provenant de milieux défavorisés. En effet, ces mesures ne touchent qu’une composante de l’appropriation de la lecture et de l’écriture, soit les pratiques de lecture et d’écriture (incluant la grammaire, l’orthographe, la syntaxe et la ponctuation), celle qui a toujours été privilégiée dans le milieu de l’éducation. Notre recherche a permis de comprendre comment un jeune s’approprie la lecture et l’écriture. Pour y parvenir, il ne faut surtout pas négliger la dimension affective dans les apprentissages, le choc ou non de culture entre l’école et la famille, les représentations positives ou négatives de l’écrit, l’image que le jeune a de lui-même dans ses capacités à apprendre, etc.
Il est urgent d’élargir notre compréhension de l’appropriation de l’écrit. Pour ce faire, il faut tenir compte, selon la dernière Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) de 2003, au Québec, du fait que 50 % des personnes de 16 à 65 ans n’ont pas atteint le seuil critique d’alphabétisme pour fonctionner aisément en société. Pour la tranche d’âge 16-25 ans, le taux est de 36,1 %.