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Jeunes et analphabétisme

Les jeunes analphabètes sont issus, en grande majorité, de milieux défavorisés et marqués, dès leur naissance, par un « déficit existentiel » important : sous-scolarisation des parents, absence de stimulation à la maison, pauvreté, violence, etc. De plus, la presque totalité d’entre eux va cheminer dans les classes spéciales durant tout leur parcours scolaire.

 

Pour ces jeunes, l’entrée dans la vie scolaire se fait difficilement, car leur culture familiale diffère radicalement de celle de l’école, dans la majorité des cas. Par exemple, les jeunes de milieux favorisés ont été stimulés à la maison et sont en contact avec l’écrit depuis longtemps. Ils comprennent pourquoi ils doivent apprendre à lire et à écrire, à quoi ça sert, et ils ont hâte d’aller à l’école. Une fois entrés, ils y trouvent rapidement leurs points de repère puisque leur culture s’apparente à celle de l’école. Il en va tout autrement pour les jeunes issus des milieux défavorisés. Leurs parents ont souvent un rapport négatif avec l’écrit, plusieurs d’entre eux sont analphabètes, ce qui entraîne une rareté de contact avec l’écrit, un vide quant à sa signification et à son utilité. Il devient très difficile pour ces jeunes de donner un sens à leur apprentissage, de comprendre à la fois l’importance de l’écrit, le fonctionnement de l’école ainsi que les rites et les règles qu’elle impose tant dans la collectivité humaine qu’elle forme que dans les apprentissages qu’elle dispense.

 

Ce choc de culture conduit invariablement à des comportements chez ces jeunes qui seront jugés « différents » par l’école. Et c’est souvent là que commence, pour eux, la voie d’évitement et que s’appose la première étiquette. Souvent catalogués au début de leur primaire, ils se retrouvent en classes spéciales. Une fois installés dans cette voie parallèle, ils y restent jusqu’au bout de leur parcours scolaire. Après un passage de 10 ans sur les bancs d’école, ils en ressortent encore plus carencés aux plans cognitif, affectif et sociorelationnel, sans diplôme, incapables de maîtriser la lecture et l’écriture au quotidien, avec une estime d’eux-mêmes à zéro. Ces jeunes n’ont pu s’approprier la lecture et l’écriture, base essentielle de toute la fonctionnalité de l’école et de la société, donc de leur intégration. Après 32 années de pratique, la Boîte à lettres peut affirmer sans l’ombre d’un doute que la réussite à l’école conditionne l’insertion sociale et que l’exclusion conditionne l’échec scolaire.

 

Selon la dernière Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) de 2003, au Québec, 36,1 % des jeunes de 16 à 25 ans n’ont pas atteint le seuil critique d’alphabétisme pour fonctionner aisément en société.

 

1 Analyse de l’enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) p. 24.